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COMA,
PATRONELLI, AL ATTIYAH, CHAGIN
Sur l'ultime spéciale du Personal Dakar
Argentina Chile, Marc Coma a paraphé son troisième succès sur l'épreuve en
contrôlant Cyril Despres. Cette route sans difficulté a en revanche viré au
cauchemar pour « Chaleco », qui a laissé filer la troisième place du général à
Helder Rodrigues sur une casse mécanique. En auto, Nasser Al Attiyah scelle sa
première victoire sur le Dakar avec une large avance sur Giniel De Villiers.
Vladimir Chagin remporte quant à lui son septième titre, devant trois de ses
coéquipiers chez Kamaz.
Il ne fallait surtout
pas trembler. Sur la route de Santiago de Baradero, Marc Coma s'est lancé avec
une avance de plus de 16 minutes au général sur son plus fidèle rival, Cyril
Despres. Le risque de voir ce matelas éventré à la loyale par le tenant du
titre étant quasi-nul, la spéciale du jour présentait surtout un enjeu de
concentration. Sur les longs bouts droits à avaler, le Catalan, qui ouvrait la
piste, a foncé avec application. Despres, poursuivant confronté à son
impuissance sur ce dernier exercice, n'a pu que recoller aux roues du vainqueur
annoncé. Le leader du classement général depuis l'étape 4 s'est contenté de
contrôler son adversaire, à qui il ne concède qu'une minute et demie. Sur
l'ensemble de la course, le retard s'élève à 15'04'' pour Despres, qui aura
bien du mal à digérer les 10 minutes perdues sur une pénalité bêtement
encaissée. Coma, lui, peut en tout cas revendiquer le sans-faute : sa maîtrise
du sujet lui vaut une troisième victoire sur le Dakar. Ils sont maintenant à
égalité.
La troisième marche du podium semblait également promise, au Chilien Francisco
Lopez, qui avait d'ailleurs terminé à ce niveau l'édition précédente. Avec 43
minutes d'avance sur son premier poursuivant la cause était entendue. Le coup
de massue est pourtant tombé sur « Chaleco », avec la casse d'un amortisseur au
kilomètre 159, soit à 22 pions de l'arrivée. Sur la ligne d'arrivée, Helder
Rodrigues, qui vient de signer le deuxième temps de la spéciale avec 5'' de
retard sur Verhoeven, compte les minutes. Malgré l'aide d'Alain Duclos, qui
tire « à la ficelle » son leader, « Chaleco » n'atteint la ligne d'arrivée qu'à
13h23. Bien trop tard (exactement 29 minutes) pour sauver sa troisième place,
que le Portugais lui ravit. Après Aprilia en 2010, c'est donc une Yamaha qui se
place derrière les deux KTM de tête. Pour Rodrigues, 4ème l'année dernière, les
promesses sont tenues.
Le podium de la
catégorie quad a également connu un bouleversement. Pas au sommet,
puisqu'Alejandro Patronelli a également géré la situation pour pouvoir succéder
à son frère Marcos au palmarès du rallye. Mais la troisième place, derrière
Sebastian Halpern, n'était occupée que pour 3 minutes d'avance par Christophe
Declerck sur Lukasz Laskawiec. Le Polonais a su tirer profit de son puissant
Yamaha pour remporter l'étape, et déloger du podium Christophe Declerck pour
52'' !
Le suspense n'était plus à l'ordre du jour dans la bataille pour le titre en
auto. Les petites fautes à répétition avaient déjà éloigné Carlos Sainz de la
première place les jours précédant. Nasser Al Attiyah s'est donc retrouvé dans
le rôle du gestionnaire, qu'il assume de mieux en mieux. Avec 48' d'avance sur
Giniel De Villiers, finalement le plus régulier de ses adversaires-coéquipiers,
le pilote qatari s'est tout de même élancé avec la peur au ventre. Concentré et
appliqué, il remporte son premier Dakar, après le coup manqué de 2010 pour deux
petites minutes. Après le jeu de chaises musicales qui s'est déroulé sur toute
la quinzaine, c'est Carlos Sainz qui complète le trio de tête des Race Touareg.
Au passage, l'Espagnol se paye aussi sa 7ème spéciale sur le Dakar 2011. Ce qui
fait grimper son total à 24 succès, soit un de plus que Stéphane Peterhansel
sur sa carrière auto.
Le Français, leader du team X-Raid, regrette surtout de ne pas avoir pu jouer
suffisamment longtemps ses chances d'aller chercher un dixième titre ! Avec le
quatrième temps du jour, « Peter » n'a rien pu faire pour se sortir de la
quatrième place du classement général. C'est aussi celle qu'il occupait à la
fin du Dakar 2010. Le fossé se creuse ensuite dans la hiérarchie, puisque
Krzysztof Holowczyc, 5ème au volant d'un BMW X3 également, pointe à 4h10 de
Nasser Al Attiyah.
En camion, Vladimir Chagin avait depuis plusieurs jours fait la différence sur
ses rivaux, qui n'étaient autres que ses plus proches coéquipiers. A l'arrivée,
le Tsar remporte son septième titre sur le Dakar, record absolu dans la
catégorie. Le podium 100 % Kamaz est complété par Firdaus Kabirov et par Eduard
Nikolaev. Le Tsarevitch de 26 ans désigné par l'écurie russe monte sur le
podium pour sa première participation en tant que pilote. La parade des camions
bleus se poursuit jusqu'à la 4ème place, occupée par Ilgizar Mardeev.
ILS ONT DIT...
Nasser Al Attiyah : « On l’a
fait » « On l'a fait.
Je suis tellement heureux. On réussit une bonne étape, bien propre. Moi, je ne
pensais qu'à la ligne d'arrivée. Ça signifie beaucoup de gagner le Dakar, pour
moi, pour mon peuple, pour mon pays et mon équipe. C'est une grande victoire.
C'est très difficile d'expliquer ce qu'il se passe dans ma tête. Mais c'est
très agréable. On a démontré qu'on avait l'équipe la plus forte au monde. Ça
fait trois fois que l'on gagne. C'est le plus grand moment de ma carrière
sportive. C'était un rêve de gagner le Dakar. Je pense qu'après cette victoire
tout le monde va savoir où se trouve le Qatar. »
Alejandro
Patronelli : « Depuis 2000 je ne gagnais rien » «Dur. Très dur. Si on
analyse ce qui s'est passé, c'est incroyable. On avait perdu le moral, Marcos
était tombé. On ne doit pas être là en fait. Remonter la pente, perdre à
nouveau l'espoir, le retrouver et le reperdre quand je me casse la main et que
accélérer devenait impossible. Il devait alors rester 400 kilomètres dans cette
étape et encore 7 ou 8 étapes, avec une main endommagée. C'est là que je me
suis dit: 'si la main tient 400 kilomètres, le reste pourra tenir les 5.000
kilomètres qui manquent'. Et voilà, champion avec une main et demie! C'est une
récompense. Je ne gagnais rien depuis 2000 et j'ai le n° 1 sur le Dakar! Je ne
peux pas le croire.»
Marc Coma : «
Beaucoup de sacrifices pour en arriver là » « Il fallait
être concentré, je me suis centré sur ma façon de piloter. C'était le seul
moyen de pouvoir obtenir la victoire. Ce qui a été très difficile c'est qu'à
aucun moment il n'a été possible de se relâcher. Quand tu finissais une journée
difficile la suivante l'était encore plus. On sait que le Dakar est très dur
mais cette année il a été spécialement dur. Cette victoire c'est la prime au
travail. Cela a été un travail long. Ce sont beaucoup d'années et beaucoup de
tension ces derniers jours. C'est la prime à cette trajectoire, à des années de
sacrifice. Et surtout il faut que je rende hommage aux personnes qui m'ont
entouré. On avait des objectifs ambitieux et pour cela il fallait les
meilleurs, des gens faits pour ça et disposés à travailler dans la même
direction. Comme pour tout le monde sur le Dakar il y a des moments difficiles.
Là je vais me reposer puis penser à l'avenir. Mais la vérité c'est qu'avec
cette course, cette tension permanente, il n'y a pas un moment pour penser à
autre chose. »
Cyril Despres
: «Déçu de n'avoir pu m'exprimer plus sportivement » « Une spéciale qui s'aborde différemment quand on
est en première position comme l'an dernier lorsque tu as envi que la course
soit plus courte. Quand tu es en deuxième position, tu voudrais qu'elle soit
beaucoup plus longue. Mais bon la sensation de terminer un Dakar, c'est
toujours bien surtout ici avec le monde. Je suis plutôt déçu de n'avoir pu
m'exprimer un peu plus sportivement. J'ai fait 11 Dakar, 8 podiums, 3
victoires. Une de plus ça aurait été bien. Je n'ai pas réussi à faire la
différence. J'ai commis des erreurs, deux petites erreurs qui étaient
fatales. »

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